UL CGT Trappes SQY

Une véritable hémorragie

Au prétexte de l’austérité, le nombre de postes dans l’Inspection du travail a fondu comme neige au soleil. Entre 2010 et 2025 :

  • – 13 % d’agent·es de contrôle ;
  • – 37 % d’agent·es d’assistance ;
  • – 29 % d’agent·es de renseignement.

Au total presque un quart des postes dans l’Inspection du travail ont été méthodiquement supprimés ces quinze dernières années, et le taux de postes vacants dépasse 20 % dans plus d’un tiers des départements français.

Un rapport d’expertise sur l’exposition des risques psychosociaux des agents du ministère du travail conclu « qu’il est impératif non seulement de mettre un terme aux suppressions de postes engagées dans les services déconcentrés du ministère du Travail et de l’Emploi, mais également de donner la possibilité aux directions de recruter à hauteur des besoins identifiés ».

Cette expertise a été votée par le CHSCT du ministère en septembre 2022 et les conclusions qui ont été révélées par la presse n’ont pas toujours pas été remise aux élus, preuve du malaise de l’administration sur ce sujet.

 

Un danger pour les salarié·es

En sous-effectif structurel, les inspecteur·ices du travail ne peuvent exercer leur mission de contrôle dans de bonnes conditions. Et quand elles et ils y arrivent, trop de leurs procès-verbaux sont classés sans suite par les procureur·es de la République, soit par manque de moyen, soit par décision politique. De toute façon, les sanctions sont peu dissuasives

Cette situation, cumulée à la limitation drastique de l’intervention des représentant·es du personnel depuis les ordonnances Macron et la suppression des CHSCT, crée un cocktail explosif :

  • 1 297 morts au travail en 2024 – près de 3 par jour d’après le bilan de la Sécurité sociale (qui ne prend pas en compte les travailleur·ses dépendant du régime agricole, des régimes spéciaux, de la fonction publique, et les indépendant·es). Ce chiffre est l’un des plus élevés d’Europe ;
  • 22 victimes de moins de 25 ans, ce qui remet en cause le discours faisant de l’entreprise un lieu d’apprentissage ;
  • les morts faisant suite à une maladie professionnelle augmentent aussi, et restent sous-déclarées ou considérées comme non liées à l’activité professionnelle (en particulier les cancers) ;
  • des milliers d’accidents graves occasionnent des séquelles durables, et entraînent trop souvent un licenciement pour inaptitude.

Renverser la balance, enfin

Après avoir organisé la pénurie d’inspecteur·ices du travail, il est temps de réinvestir dans ces emplois nécessaires à la prévention et au contrôle des risques au travail.

En cette année d’élections professionnelles dans la fonction publique, la CGT porte plus que jamais sa revendication du doublement du nombre d’inspecteur·ices du travail, avec de plus larges prérogatives coercitatives (arrêt de chantiers et travaux dangereux).

L’austérité est un danger pour tou·te la population, et en particulier pour tou·tes les travailleur·ses !

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