UL CGT Trappes SQY

Vive les CE

La première source qui a présidé à la création des comités d’entreprise  (CE) émane  de  la Charte du travail promulguée en octobre 1941 par le régime de Vichy Cette charte défend un modèle corporatiste d’organisation professionnelle. Elle prévoit la création de comités sociaux d’entreprise chargés de gérer les activités sociales et culturelles et de réaliser « au premier degré la collaboration sociale et professionnelle entre la direction et le personnel ».  Les comités sociaux d’entreprise connaissent un réel succès. La plupart se consacrent au ravitaillement alimentaire et à la protection sociale. Ils représentent une part non négligeable d’un salaire indirect, alors que les salaires directs sont bloqués, ce qui leur valut le sobriquet populaire de « comités patates ».  La deuxième vient du programme commun de la Résistance, qui envisage «  l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale ». Adopté le 15 mars 1944, le programme prévoit « le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires et la participation des travailleurs à la direction de l’économie ».  Ce programme servira de fil conducteur aux réformes engagées à la Libération. La dernière source, plus informelle, est à chercher dans les comités de gestion créés spontanément dans quelques entreprises à la Libération à la faveur de la fuite ou de l’emprisonnement de leurs dirigeants.  Dans l’ensemble, ces comités s’activent surtout dans le domaine des activités sociales. Les attributions économiques sont moins systématiques et les projets de remise en cause de la propriété privée très rare. Malgré tout, ces initiatives inquiètent le patronat. La création des CE doit aussi à la volonté du gouvernement provisoire de faire cesser ces expériences autogestionnaires en les légalisant. Le coup de pouce d’Ambroise Croizat… Le contenu de l’ordonnance du 22 février 1945 peut être résumé selon trois caractéristiques.  Tout d’abord, les CE ne seront pas désignés par les syndicats, mais animés par des syndicalistes élus par les salariés sur listes syndicales.  Ensuite, ils auront deux types d’attributions : la gestion des activités sociales et la coopération entre les divers acteurs dans la gestion économique de l’entreprise.  Enfin leur rôle économique sera exclusivement consultatif. L’ordonnance de 1945 est très vite critiquée pour son manque d’ambition par les syndicats.  Sous l’impulsion du ministre communiste du Travail, Ambroise Croizat, d’importants changements sont apportés à l’institution par la loi de mai 1946 : élargissement aux établissements de plus de cinquante salariés (au lieu de cent) ; exigence d’une consultation (au lieu d’une simple information) en matière économique ; ou encore attributions accrues accordées à l’expert-comptable du CE. Pour autant, si elle renforce le pouvoir des élus face à l’employeur, la nouvelle loi conserve les principales caractéristiques qui étaient celles des CE dès 1945.  Source : IHS CGT ​ 

Élection de la nouvelle direction de la CGT

Secrétaire générale Sophie Binet est la première femme secrétaire générale de la CGT, élue depuis 2023. Engagée en 2005 dans la lutte contre le CPE (Contrat première embauche), devenue conseillère principale d’éducation, elle a notamment piloté à la CGT le collectif égalité femmes hommes et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Elle a été secrétaire générale de l’Ugict-CGT (ingénieurs, cadres et techniciens). Administrateur Laurent Brun est originaire de Lyon, est administrateur de la CGT.  Entré à la SNCF en 2000 au moment des recrutements massifs dus aux 35 heures, il est élu en 2017, secrétaire général de la CGT Cheminots où il a suivi les grèves de 2018 puis celles pour la retraite de 2019-2020 et de 2023. Membres du bureau confédéral Nathalie Bazire est cheffe de projet au service RH à la cpam de l’Hérault (34) et est syndiquée à la CGT cpam de l’Hérault. Catherine Giraud est diététicienne au CHU de Poitiers depuis 1994, elle est syndiquée à la CGT depuis 1997. Elle a été secrétaire générale de l’Union départementale (UD) de la Vienne de 2013 à 2022. David Gistau est fondeur depuis 1991 et licencié au moment de la fermeture de la Sam en 2021, il se syndique à la CGT en 1998 et est élu secrétaire général de l’Union départementale de l’Aveyron. Denis Gravouil est chef opérateur de prises de vues de fictions cinéma et documentaires, secrétaire général de la fédértion CGT des syndicats du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action culturelle de 2013 à 2023. Myriam Lebkiri est entrée à la direction générale des finances publiques en 2004. Rapidement syndiquée, elle devient secrétaire générale du syndicat du Val d’Oise entre 2016 et 2020 tout en étant à la direction de l’union départementale où elle se consacre à la formation syndicale. Elle est aujourd’hui co-sg du 95. Agathe Le Berder, 34 ans, a été chargée de mission au ministère du travail puis inspectrice du travail en Seine-Saint-Denis (93) de 2019 à 2023. Diplômée de Science po Paris en 2014, elle s’est engagée à l’Unef de 2009 à 2014. Elle est secrétaire générale adjointe de l’Ugict et à la commission confédérale exécutive depuis 2023. Virginie Neumayer a débuté son engagement syndical au sein d’EDF par des premières responsabilités dans les organismes paritaires. En 2007, elle devient secrétaire générale du syndicat du Tricastin, première femme à occuper cette fonction sur un site nucléaire. Dirigeante de la direction FNME-CGT depuis 2006, dirigeante de l’Union départementale de la Drôme de 2005 à 2016, elle est représentante, puis coordinatrice syndicale du groupe EDF. Elle siège au Conseil national de l’industrie et au Conseil national de la transition écologique. En 2023, elle est élue à la CEC. Serge Ragazzacci est animateur socioculturel en foyer jeunes travailleurs. Son engagement débute dans les années 80 au moment des réformes Devaquet durant ses années étudiantes, puis lors des mobilisations de 1995 contre celles des retraites. Il s’engage à la CGT en 1999 puis, au moment du CPE, intègre l’équipe de son Union Départementale sur les questions de vie syndicale, qu’il suit toujours aujourd’hui. Il devient Secrétaire général de l’UD de l’Hérault en 2011. Gérard Ré, embauché chez Thales à Cannes en 1998, il a été secrétaire général de l’Union syndicale territoriale de la Métallurgie (USTM), puis de l’Union locale (UL) de Cannes et de l’UD des Alpes-Maritimes avant de rentrer à la direction confédérale au 53e congrès. Fabienne Rouchy est conseillère au CESE où elle est vice-présidente de la commission économie et finances et siège à la commission environnement. Elle est aussi mandatée au Comité national d’orientation de BPI France. Elle a été secrétaire fédérale de 2021 à octobre 2025 à la Fédération des finances publiques. Baptiste Talbot est assistant des bibliothèques à la mairie de Sevran (93). Ancien secrétaire général de la Fédération CGT des Services publics (2008 – 2019) puis coordinateur de la CGT Fonction publique de 2019 à 2024, il est élu à la Commission Exécutive Confédérale (CEC) lors du 52ème Congrès. Thomas Vacheron, est technicien en contrôle qualité pendant dix ans dans un groupe d’agroalimentaire et de textile où il a implanté la CGT. Il était membre de la direction de l’UD de Haute-Loire puis a ensuite été élu au Bureau de la Fédération Textile Cuir Habillement Blanchisserie. Commission exécutive confédérale – CEC Pierre LE COCQ – 55 ans – travailleur privé d’emploi.Comité National CGT des Travailleur·euse·s Privé·e·s d’Emploi et Précaires (CNTPEP-CGT) – UD 44. Pascal LE LAUSQUE – 55 ans – facteur au sein de l’entreprise Pontchateau.Fédération des activités postales et télécoms (FAPT) – UD 44. Alexandra POURROY – 33 ans- technicienne réseaux dans le groupe Orange.Fédération des activités postales et télécoms (FAPT) – UD 05. Laurent BRUN – 47 ans – agent commercial à la SNCF.Fédération des Cheminots – UD 69. Anne Laure GUY – 44 ans – bureau d’étude et ingénierie à la SNCF.Fédération des Cheminots – UD 75. Romain PITELET – 53 ans – agent commercial à la SNCF.Fédération des Cheminots – UD 75. Elodie FERRIER – 48 ans – directrice adjointe chez Stradivarius.Fédération du Commerce – UD 86. Isabelle MICHAUD – 54 ans – auxiliaire de vie à domicile.Fédération du Commerce – UD 89. Oumar SALL – 56 ans – opérateur de sûreté à l’aéroport Paris-Orly.Fédération du Commerce – UD 94. Fanny DE COSTER – 49 ans – inspectrice des finances publiques.Fédération des Finances – UD 75. Christophe DELECOURT – 59 ans – contrôleur des finances publiques.Fédération des Finances – UD 59. Fabienne ROUCHY – 62 ans – agente à la Banque de France.Fédération des Finances – UD 75. Denis LALYS – 55 ans – conseiller France Travail.Fédération Nationale des Personnels et des Organismes Sociaux (FNPOS) – UD 56. Ludovic SIGAL – 54 ans – contrôleur Urssaf.Fédération Nationale des Personnels et des Organismes Sociaux (FNPOS) – UD 34. Cécile VELASQUEZ – 48 ans – Juriste à la CPAM Gironde.Fédération Nationale des Personnels et des Organismes Sociaux (FNPOS) – UD 33. Delphine GIRARD – 54 ans – infirmière au sein du CHU

Discours de clôture du congrès par Sophie Binet

Cher·es camarades, Je tiens d’abord à vous demander toute votre indulgence. Des conclusions de congrès, surtout d’un congrès comme celui-là, c’est très important. Mais 1h et une feuille quasi blanche 53e congrès. 1 très courte nuit… La dernière fois, la feuille était blanche le vendredi matin à 9h et encore pour l’essentiel lors de mes conclusions, cette fois, elle était blanche à 1h du matin. Je tiens d’abord à saluer l’ensemble des membres de la CEC qui viennent de quitter la direction confédérale. Le mandat que nous avons vécu suite au 53e congrès a été très sportif, mais je tiens à dire, que si nous réussissons un si beau congrès aujourd’hui, c’est parce que, la CEC, élue dans des conditions si diƯiciles, a su, rapidement, malgré toutela difficulté et la violence du 53e congrès, se mettre au service de l’organisation. Alors je vous demande d’applaudir, sans exception, l’ensemble des camarades qui nous quittent et dont je vais citer les noms : Pour la CEC : Wiam BAMA, Angeline BARTH, Ouria BELAZIZ, Dominique BESSONMILORD, Marie BUISSON, Mireille CARROT, Régis CRUNCHANT, Hervé DELATTRE, Alexandre FELS, Yves GAUBY, Guillaume GOBET, Diane GRANDCHAMP, Julien HUCK, Laurent INDRUSIAK, Amar LAGHA, Lionel LEROGERON, Benoît MARTIN, Rosa MENDES, Nathalie METCHE, Alexandra MEYNARD, Michel MOLESIN, Virginie PARENT, Sonia PELISSIER, Franck PERRIN, Nathalie VERDEIL.  Pour la CFC : Nathalie DUGUÉ, Sandy PENNE, Chantal PICHOT, Dominique RODHES. Vous restez bien sûr toutes et tous des militant.e.s de l’organisation, alors nous nousreverrons dans les luttes ! Je veux maintenant dire un mot plus particulier et plus personnel au sujet des 5 membres du bureau confédéral qui nous quittent aujourd’hui.  Céline Verzeletti, surveillante pénitentiaire, co-secrétaire générale de l’UFSE. Je peux maintenant le dire, il y a prescription, c’est moi qui t’ai « tordu le bras » pour que tu restes au bureau confédéral après le 53e congrès, malgré la fatigue de 2 mandats et demi au bureau confédéral dans des conditions sportives. Je te remercie d’avoir accepté carc’était une condition très importante au rassemblement de la CGT. J’aurai bien sûr préféré que ton mandat se termine dans d’autres conditions, mais je me félicite que tu restes militante CGT et je tiens à te remercier sincèrement pour tout ce que tu as apporté à notre organisation durant tes responsabilités de co SG de l’UFSE et membre du bureauconfédéral.  Sebastien Menesplier, Secrétaire général de la grande fédération des mines et de l’énergie jusqu’en 2025, celui qu’on appelle le « petit gars du nucléaire » au goût prononcé pour les chocolatines. Tu as, comme tous les autres membres du BC élus lors du 53e congrès, accepté en une nuit d’être membre du BC et je t’en remercie infiniment. Un tournant de ta vie professionnelle t’a conduit à « réintégrer » le boulot en cours de mandat, rappelant ainsi très justement qu’à la CGT, être syndicaliste, ça n’est pas un métier mais un engagement. Et qu’on peut encore aujourd’hui, dans certaines entreprises où grâce à la CGT il y a encore de vrais déroulés de carrière, commencer ouvrier du nucléaire et finir cadre. Sebastien, c’est grâce au 53e congrès que nous avons appris à nous connaitre et je peux dire que ça a été un immense plaisir. Ta clairvoyance, ton sens de l’orientation – syndical bien sûr -, nous ont été très précieux, et je sais que nous pourrons toujours compter sur toi.  Mireille Stivalla, aide-soignante, secrétaire générale de la fédération de la santé et de l’action sociale au moment du 53e congrès, tu as passé la main à Barbara Filhol en 2025, après un mandat fédéral qui fut loin d’être un long fleuve tranquille. Du gros temps et des tempêtes, Mireille en a traversé un paquet avec un flegme et une solidité assezincroyable, je te remercie de ta sincérité et de ton soutien permanent et de tout ce que tu as apporté. Tu vas, dans les prochains mois profiter d’une retraite bien méritée et je sais que nous ne manquerons pas de nous revoir.  Boris Plazzi, métallo, en charge des questions internationales, qui, comme vous l’avez vu lors de ce congrès, a, comme il dit, « mouillé la liquette » jusqu’au bout et assuré avec brio la tenue des très belles séquences internationales du congrès. En bon rugbyman, Boris sait jouer collectif et tenir dans la mêlée. Boris, après plus de 10 ans passés au bureau confédéral, tu as souhaité rejoindre ta région d’adoption, la nouvelle aquitaine, et malgré toutes mes tentatives, je n’ai pas réussi à te dévier de cette trajectoire. Je suis donc obligée de m’incliner. Mais, comme tu sais, je ne lâche rien, et tu n’as pas encore totalement obtenu ton ticket de sortie. Alors chère Samantha – pour celles et ceux qui ne la connaissent pas Samantha Dumousseau est SG du comité régional nouvelle Aquitaine – je compte sur toi pour partager encore un tout petit peu…  Sandrine Mourey, éducatrice sportive, secrétaire générale du comité régional Bourgogne-Franche-Comté. Chère Sandrine, je te remercie infiniment de ton dévouement à l’organisation, je te remercie d’avoir accepté de rejoindre le bureau confédéral alors que tu te remettais d’un cancer puis du décès de ta maman que tu as accompagnée jusqu’au bout. Tu as apporté énormément à notre bureau, piloté des négociations épiques face à celui que tu surnommes « cousin hub », les métallos auront bien sûr reconnu Hubert Mongon, pilote des négociations pour le patronat. Sandrine, ton charisme, ta rigueur ont réussi à déjouer les stratégies honteuses de division syndicale et d’isolement de la CGT développées par ce triste personnage. Tu vas bien sûr nous manquer énormément au bureau confédéral mais j’ai réussi à te garder un petit pied à Montreuil et je te remercie d’avoir accepté, en plus de tes responsabilités de secrétaire du comité régional BFC, d’avoir accepté d’animer le réseau des comités régionaux. Alors camarades, vous l’avez compris, vous l’avez vécu cette semaine contre vents et marées, ce congrès est celui du rassemblement. C’est un nouveau cap très important que nous avons franchi cette semaine ensemble. C’est important car c’est

54ème congrès de la CGT : les conclusions et résultats

En téléchargement, le dossier de presse de clôture du 54ème congrès qui comprend :  la nouvelle Commission Exécutive Confédérale (CEC et CFC), la liste des membres du Bureau confédéral, les résultats des principaux votes du Congrès. Téléchargement-s . ( – Lu) Télécharger ​ 

Rapport d’ouverture du 54e congrès par Sophie Binet

« Camarades », le plus beau mot de la langue française Cher.es camarades, Nous avons des métiers, des histoires de vie, des parcours, des religions… très différents, mais nous partageons l’essentiel et c’est ce qui fait notre force : la solidarité, le refus de l’injustice et le courage de s’engager face au patron. Chers camarades, quel plaisir de se retrouver tous et toutes ensemble ici en Congrès ! Oui, le congrès de la CGT est un évènement social majeur pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs de France et bien au-delà.Nous pouvons être fier.es d’accueillir ici à Tours nos organisations soeurs, qui nous font l’honneur de venir des 4 coins du monde !Nous accueillerons aussi demain les premières dirigeantes et dirigeants des principales organisations syndicales françaises. Saluons aussi celles et ceux qui ont contribué à faire vivre notre organisation. Je veux remercier chaleureusement nos anciens secrétaires généraux, Philippe Martinez et Bernard Thibault, présents parmi nous cette semaine ! Je veux dédier ce congrès à toutes celles et ceux qui luttent. Camarades, merci de faire un maximum de bruit pour : Les coiffeuses du boulevard de Strasbourg, On bosse ici, on vit ici, on reste ici ! Merci d’applaudir les camarades des cliniques du groupe Elssan du 66, qui après 3 semaines de grève, viennent de gagner des augmentations de salaires, et celles de l’Ehpad des Feuillants qui entament leur troisième mois de mobilisation ! Applaudissons aussi les camarades de Fibre excellence, ici présents, toujours mobilisés pour gagner le sauvetage des 3 sites de St Gaudens et de Tarascon et de Chapelle Darblay. Applaudissons les camarades de Carcassonne qui défendent leur bourse du travail ! Jamais la CGT ne se laissera déloger par l’extrême droite ! Vous pouvez compter sur la solidarité de l’ensemble des territoires et des professions ! Et cette semaine, Tours sera la capitale des luttes ! Alors camarades, utilisons ce congrès. Utilisons les débats, bien sûr, mais utilisons aussi les pauses, les repas, les soirées. Rencontrons-nous. Parlons-nous. Organisons-nous.Parce que, OUI, un congrès de la CGT, c’est aussi ça : c’est 1000 luttes en puissance !Pour cela, ayons une exigence : la culture des débats de la CGT. Cela signifie avoir tous les débats, poser toutes les questions, sans caricature, sans posture, sans procès d’intention. Nous avons trop de sujets urgents, trop de sujets complexes à traiter pour inventer de faux débats ! Pas question de reproduire entre nous les logiques de disqualification que nous combattons à l’extérieur. Il n’y a pas de “traître” ou de “gauchiste” dans cette salle, rien que des camarades. La force de nos débats, c’est qu’entre nous, on ne peut pas se raconter d’histoire. Nous savons, car nous le vivons chacun et chacune au quotidien : une mobilisation ne se décrète pas d’en haut, elle se construit. Et c’est tout l’enjeu de notre Congrès pourprogresser collectivement : refuser les débats de posture pour se dire franchement les difficultés et les possibilités de mobilisation effective. Pour gagner. Lire la suite en téléchargeant le rapport d’ouverture ⤵️ , Téléchargement-s . ( – Lu) Télécharger , ​ 

Provex, les nouveaux « Fralib » de Gardanne

Success-story ouvrière Pour  comprendre  cette  success-story,  il  faut remonter à l’annonce par Emmanuel Macron, en  2018,  de  l’arrêt  de  la  production  d’électricité à base charbon en France. « En 2019, Daniel Kretinsky, qui vient de racheter les centrales avec GazelEnergie, annonce un plan de licenciement touchant 249 emplois, dont 98 à Gardanne », détaille Jean‑Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT de la centrale. Quarante-huit salariés sont sous le coup d’un licenciement économique.  Les syndicalistes répondent rapidement : ils créent l’association des travailleurs de la centrale de Gardanne pour financer des études (subventions, campagne de souscription auprès de la CGT). Les réflexions  aboutissent  à  un  projet  de  production  de  biométhane grâce  à  un  procédé  industriel  de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie en conjuguant  pyrolyse  et  méthanation, sans incinération.  En parallèle, les syndicalistes maintiennent la pression sur l’entreprise GazelEnergie et sur l’État en organisant l’occupation permanente, pendant six semaines, de la centrale, dont la sécurité n’était plus assurée du fait du trop grand nombre de licenciements.  Le 4 avril 2022,  la  préfecture  et  GazelEnergie  signent  un protocole qui acte la reprise, au statut des industries électriques et gazières, des salariés licenciés, d’ici à août 2023 – la fin de leur période de reclassement. Mais en janvier 2023, les syndicalistes ne voient rien venir et tirent la sonnette d’alarme.  L’intervention de Sophie Binet, en avril, est décisive : dans son sillon, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, accepte de prolonger de vingt-huit mois la période d’accompagnement qui permet aux salariés de toucher 65 % de leur salaire. Provex, les nouveaux « Fralib » de Gardanne Après dix ans de lutte, les cégétistes de la centrale de Gardanne ont mis sur pied un projet industriel de production de biométhane, obtenant l’embauche des salariés licenciés en 2021. L’écologie n’est pas forcément synonyme de destruction d’emplois. Participer à la transition écologique Provex est créée le 31 juillet 2025. Son capital appartient à 29 % à la société de production d’énergie gardannaise, filiale de l’ACTG, à 20 % à GazelEnergie, et à 51 % à la société Gazotech. En novembre 2025, les 27 salariés licenciés par la centrale et encore sur le carreau y sont réembauchés. Les permis d’exploiter devraient être déposés à l’automne 2026, pour un démarrage des travaux dix mois plus tard.  « Notre lutte montre qu’on peut participer à la transition écologique, mais pas au détriment de l’emploi. On a mené une grève de treize mois en 2018, on a réussi à maintenir l’activité en s’inspirant des autres expériences du département – les Fralib, la CPMM, la Réparation navale de Marseille. Et en plus, on participe à l’autonomie énergétique du pays », liste Jean‑Michel Roccasalva.  En  butte  à  des  critiques  de  la  Cour des comptes sur le coût, pour le contribuable, du soutien à l’entreprise de Kretinsky –  au  moins  800  millions  d’euros  sur huit  ans  –  et  à  celles  d’associations écologistes, qui redoutent les conséquences néfastes de l’exploitation du bois pour les forêts, il répond :  « Si l’on n’avait pas pris l’initiative de ce projet, on n’existerait plus. Nous voulons rester le plus longtemps possible dans les instances de décision, pour savoir ce qu’il s’y passe. Quant aux dividendes, prévus à partir de 2030, ils serviront à financer des projets industriels et les études nécessaires à leur émergence. Nous aimerions travailler à la réponse à de petits projets de développement d’énergie. Et ainsi mieux prendre en considération les enjeux écologiques, contrairement à GazelEnergie qui n’en a que faire. On veut être l’épine dans leur pied. »     Article publié dans Le Peuple Quotidien #4 du 54e congrès ​ 

Meeting de l’internationale ouvrière contre l’extrême droite

« Un contre-pouvoir démocratique  », en particulier contre la montée de l’extrême droite un peu partout dans le monde.  Voilà comment Luc Triangle, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), définit le rôle des syndicats. « L’extrême droite vote contre les droits syndicaux et contre les droits des travailleurs, tout en prétendant parler au nom du peuple », insiste-t-il, en désignant la voie à suivre : « Face à la haine, nous choisirons toujours la solidarité internationale. »  Certes, l’extrême droite peut prendre des visages en apparence différents et mettre en avant des thématiques qui peuvent varier. Le visage, par exemple, du parti Vox en Espagne, « nostalgique du passé, ces cinquante ans de dictature de Franco, raciste, xénophobe, qui a voulu créer un pseudo-syndicat » et rencontre le « succès auprès des héritiers du franquisme, mais aussi dans les classes moyennes », résume Christina Fabiacen (CCOO).  Le visage d’un « parti nationaliste hindou qui gouverne depuis douze ans » en Inde et qui manie l’islamophobie, décrit Gautam Mody (NTUI). Le visage d’une extrême droite politique qui, en Ukraine, ne représente « que 2 % des voix », empêchant son entrée au Parlement, ce qui contredit la propagande russe sur le « prétendu régime ukrainien nazi », note Yuri Samoïlov (KVPU), mais une extrême droite qui « a sa propre particularité, la militarisation », à l’image du régiment Azov.  Le visage d’un mouvement qui, en Pologne, met en avant le modèle de la « famille traditionnelle » comme socle politique, qui a réduit à quasiment rien le droit à l’avortement et qui oppose les « patriotes aux autres », décrit Magadalena Chojnowska (OPZZ).  Le visage du pouvoir trumpiste aux États-Unis, où « dix-sept mois de choc quotidien font que les digues sautent tous les jours » et où « l’État de droit perdure à peine », ce qui donne à Nick Allen (SEIU) « un grand sentiment de responsabilité face à tout le mal que fait mon gouvernement dans le monde ». Ou encore le visage de Javier Milei en Argentine, qui se trouve « des ennemis partout : les peuples autochtones, les travailleurs, le féminisme, les universités et écoles publiques… » liste Roberto Bardel (CTA-A). « Protéger les puissants » Mais les ressorts principaux restent les mêmes : « L’extrême droite a pour stratégie de protéger les puissants », décrypte Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES). Au Parlement européen, elle observe ainsi un bloc qui « s’oppose à l’égalité femmes-hommes, à la santé et la sécurité au travail et au devoir de vigilance des entreprises ».  Elle s’inquiète également de voir que cette force politique en emmène d’autres sur son terrain : « Le centre droit s’allie à l’extrême droite, c’est une honte ! » Et elle craint déjà la possible mise en place, avec l’aide de cette coalition, d’un « 28e régime » (qui s’ajouterait aux régimes des 27 États membres) voulu par la Commission européenne, qui « permettra aux employeurs de créer une entreprise en quarante-huit heures, en contournant toutes les législations nationales sur le travail et en mettant en place une rémunération en actions ».  En Inde, le Premier ministre Narendra Modi se livre à des « attaques contre le salaire minimal, la protection sociale, le temps de travail », confie Gautam Mody, et réprime, jusqu’à les emprisonner, les travailleurs qui luttent pour de meilleurs salaires. Le meeting sur « L’Internationale ouvrière contre l’extrême droite » s’est penché sur les raisons de cette montée en puissance.  « La crise de 2008 a fortement contribué à la recrudescence de l’extrême droite, avec des milliers de jeunes à la rue, l’explosion du chômage… » constate Antonio Lisboa, du syndicat brésilien CUT. Au Cameroun, « le salaire minimum est de moins de 100 euros », rapporte Céline Amana (CSP).  En Italie, « la Première ministre [Giorgia Meloni, NDLR] provient d’un groupe fasciste que le peuple a choisi » dans les urnes, rappelle Maurizio Landini (CGIL). Il y voit notamment le résultat d’une « séparation et d’une fracture entre le monde politique et celui du travail », qui alimente à la fois le vote d’extrême droite et l’abstention. « La montée de l’extrême droite et de la droite en général est également le résultat des erreurs de la gauche », souligne-t-il.  Constat semblable chez Magdalena Chojnowska : « La société polonaise est fragmentée et divisée. » « La démocratie est vulnérable quand le pouvoir cesse d’entendre les citoyens », acquiesce Yuri Samoïlov. « La précarité grandissante et une perception d’insécurité font de l’immigration un bouc émissaire », constate de son côté Christina Fabiacen. « S’attaquer à la financiarisation » Au-delà des dangers, le meeting avait évidemment pour objectif de tracer des perspectives. « Il ne peut y avoir d’égalité au travail sans égalité dans la société », insiste Magdalena Chojnowska.  « L’extrême droite est la pire ennemie des classes laborieuses. Il faut s’attaquer aux maux du capitalisme, en particulier la financiarisation », poursuit Antonio Lisboa, du syndicat brésilien CUT. « La grève est notre principal outil », rappelle Christina Fabiacen, pour qui la contradiction à l’extrême droite doit être apportée « sur le lieu de travail », l’entreprise étant « l’espace idéal pour faire passer des idées ».  Il convient aussi, pour elle, de « dénoncer tous les propos » relevant des idées d’extrême droite, y compris ceux prononcés sous couvert de « blagues ». « Il faut des propositions claires, qui mobilisent largement, les jeunes, les femmes… » note Antonio Lisboa. « La semaine dernière, la Chambre des députés a voté une loi du président Lula, qui fait passer la semaine de travail de 44 à 42 heures et qui instaure deux jours de repos », confie le syndicaliste brésilien. Pour arriver à ce résultat, le monde syndical avait une « stratégie claire », se félicite-t-il, basée notamment sur « des alliances avec des universitaires ».  « Nous devons participer de plain-pied à la vie politique », confirme l’espagnol Pepe Alvarez (UGT). « Nous devons traiter les migrants avec dignité », enchaîne-t-il, se félicitant des « 500 000 à 800 000 régularisations de sans-papiers », décidées par le gouvernement espagnol.  Nick Allen revient, lui, sur le soulèvement à Minneapolis, cette ville de 700 000 habitants où « trois mille agents masqués [de la milice anti-immigration ICE] ont procédé à des rafles partout dans la ville, les écoles, les hôpitaux… » et qui ont tué deux personnes. En réponse, « une coalition a, au départ, été formée par quelques syndicats, dont le mien, raconte le syndicaliste américain. Cela a débouché sur une véritable révolte populaire, avec des patrouilles anti-ICE. » Jusqu’à la grève générale,

 » Les travailleurs libres sont plus forts que les dictateurs « 

« La recherche de richesses et de zones géostratégiques est à l’origine de nombreux conflits et crises à travers le monde  En témoignent l’agression menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran ou les attaques d’Israël contre le Liban, la Syrie et Gaza, qui étalent partout des scènes de chaos; la guerre russo-ukrainienne, celles au Congo et au Soudan; l’enlèvement du président vénézuélien Nicolàs Maduro; le blocus pétrolier contre Cuba organisé par les États-Unis; les menaces d’occupation du Groenland; la militarisation des économies; les chantages exercés par les États-Unis sur les autres pays, y compris ses alliés; l’adoption de budgets d’austérité qui contrastent avec le gonflement des budgets de la défense. » Voilà le tableau qu’aurait dressé Nicolas Ouédraogo, secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), s’il ne s’était pas vu refuser son visa par les autorités françaises pour venir à Tours*. Son message est lu par Françoise Geng, présidente de la Fédération syndicale européenne des services publics (Epsu), animatrice du meeting international pour la paix, qui clôt la journée internationale du 54′ congrès.  » La solidarité internationale, c’est une des grandes forces du syndicalisme. La paix n’est jamais acquise « , prévient-elle. « Le mal supérieur à tous les maux, c’est indifférence »  » La paix, c’est la sécurité alimentaire, sanitaire, climatique et individuelle « , introduit Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales, professeur émérite à Sciences Po. « Le mouvement syndical, de la jeunesse et associatif a un rôle fondamental à jouer. Il ne peut pas y avoir de paix dans le monde s’il n’y a pas de paix sociale dans chaque pays, sans dignité et sans abolir l’humiliation. »  » La paix, la démocratie et le syndicalisme sont indissociables », acquiesce Eric Manzi, secrétaire général adjoint de la Confédération syndicale internationale (CSI). Il se réfère à la Déclaration de Philadelphie, adoptée le 10 mai 1944 par la Conférence générale de l’Organisation internationale du travail (OIT), selon laquelle  » une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale « . Keisuke Fuse, secrétaire général adjoint du syndicat japonais Zenroren, puise dans la même période de l’histoire, rappelant le 80e anniversaire, commémoré en août 2025, de l’horreur atomique d’Hiroshima et Nagasaki. La CGT y a participé, tout comme elle est partie prenante d’un appel mondial pour l’élimination des armes nucléaires. Keisuke Fuse incite à poursuivre  » ce travail de lobbying pour la disparition de l’arme nucléaire « . Il souligne que 99 pays ont signé le traité sur l’interdiction des armes nucléaires, issu d’un groupe de travail mis en place en 2015 par l’Assemblée générale des Nations unies. Évidemment aucune puissance nucléaire, dont la France, n’en fait partie.  » Nous continuerons à lutter ensemble pour un monde sans armes nucléaires « , martèle le secrétaire général adjoint de Zenroren. « À Gaza, nous sommes en enfer » Selon les estimations de !’OIT, rappelées par Eric Manzi, les guerres touchent actuellement deux milliards de personnes dans le monde, dont 122 millions de déplacés. Ce meeting est l’occasion d’en évoquer quelques-unes. À commencer par le génocide en cours à Gaza, face auquel  » trop de pays restent silencieux, honte à eux ! «  s’insurge Nasser Abu Baker, président du Syndicat des journalistes palestiniens (PJS) et vice-président de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).  » Nous sommes en enfer. Des enfants meurent toujours et 13 % des Gazaouis ont été tués « , témoigne celui qui réside en Cisjordanie. Il lui faut deux jours pour parcourir les 150 km depuis Ramallah, jusqu’à Amman, en Jordanie, à cause de la succession de points de contrôle. Les journalistes palestiniens sont particulièrement visés par les frappes israéliennes (au moins 234 tués selon le bilan de la FIJ, mis à jour en mars), car  » l’occupant ne veut pas que vous voyiez la réalité à Gaza « . Les journalistes étrangers sont toujours interdits d’entrée à Gaza. Autre guerre, celle déclenchée par l’agression russe en Ukraine.  » Bienvenue dans un monde hybride, où l’absence formelle de déclaration de guerre ne signifie pas la sécurité «  remarque Yurii Samoilov, responsable régional du syndicat ukrainien KVPU. Il évoque, en parallèle du conflit armé,  » des cyberattaques, campagnes de fake news sur les réseaux sociaux, interventions d’agents d’influence, mesures d’étranglement économique… […] L’Ukraine est devenue l’épicentre de ce concept « ,  alors que  » la diplomatie classique est au point mort «  estime-t-il.  » Comment arrêter la guerre ? Il faut couper les canaux de contournement des sanctions [contre la Russie, NDLR], isoler les institutions financières qui financent la guerre et restaurer le droit international « , résume Yurii Samoilov. Le syndicaliste y ajoute la nécessité d’une  » décolonisation mentale « , avec  » des investissements dans la cybersécurité et la diffusion d’informations pour nourrir la pensée critique des citoyens « . Persécutés pour avoir dénoncé la guerre La guerre en Ukraine a aussi des répercussions dans les pays voisins. Siarhei Antusevitch, vice-président du syndicat biélorusse BKDP, explique ainsi que  » les autorités ont détruit tous les syndicats indépendants, dont les militants ont subi licenciements, persécutions… «  Il précise que de l’aveu même des autorités,  » c’était à cause de notre dénonciation de la guerre [en Ukraine] « · Yurii Antusevitch dénonce l’enfermement de  » prisonniers politiques, des journalistes, des défenseurs des droits humains…  » . Tout avait commencé à l’été 2020, lors des manifestations de masse et des affrontements avec les forces de l’ordre pour dénoncer l’élection frauduleuse du président Alexandre Loukachenko.  » Les travailleurs libres sont plus forts que les dictateurs «  veut croire le syndicaliste biélorusse. À plusieurs milliers de kilomètres de là, en République démocratique du Congo (RDC), sévit un  » conflit oublié «  selon l’expression de Guy Kuku, secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT). Il en rappelle les racines : le génocide, en 1994, des Tutsis au Rwanda, dont  » des acteurs se sont enfuis et ont été accueillis en RDC à la demande de la communauté internationale ». Élu quelques années plus tard, Laurent-Désiré Kabila – assassiné en 2001, remplacé par son fils Joseph – a fait

Les musiciens de l’orchestre philarmonique du Centre-Val de Loire enfin en CDI !

C’est un très combat long de presque quatre ans qui va bientôt prendre fin Au 1er juillet, la région Centre-Val de Loire devrait être dotée d’un orchestre symphonique permanent grâce à la création de 32 postes de musiciens et musiciennes en CDI à temps plein. Ces derniers étaient jusqu’alors embauchés par la ville de Tours avec un statut de CDD d’usage.  Pour Matthieu Randon, secrétaire du Stam-CGT, le Syndicat tourangeau des artistes musiciens, cette lutte contre un statut précaire remonte même à 2018. « Nous avions obtenu une augmentation de 36 % des salaires de base, au motif que la convention collective n’était pas appliquée », se remémore-t-il.  L’activité de l’orchestre est ensuite fortement impactée par les mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Mais la situation ne s’améliore pas après la crise. « Nous sommes passés de 61 concerts pendant la saison 2017-2018 à seulement 36 en 2022-2023, explique Laura Perrine-Martin, joueuse de hautbois dans l’orchestre et secrétaire adjointe du Stam-CGT. C’était terrible d’un point de vue financier puisque nous étions payés au cachet, mais aussi musicalement. Comment maintenir un groupe qui ne travaille pas ? » Boycott, sondage et trahison Une première alerte est lancée en décembre 2022. Les musiciens de l’orchestre symphonique tourangeau se rassemblent devant le conseil régional, à Orléans, pour réclamer l’obtention de CDI, comme c’est le cas dans les autres orchestres en France. Plusieurs mouvements de grève suivront. « Nous avons eu des réunions avec les organismes de tutelle, mais chacun attendait que l’autre se mouille pour augmenter le budget », constate Matthieu Randon.  Finalement, en juin 2023, les musiciens posent leurs instruments devant un public déjà installé à l’Opéra. Puis une représentation de la Cinquième Symphonie de Beethoven est annulée en décembre. Le syndicat se bat ensuite pour qu’un sondage soit organisé auprès des 51 musiciens afin de connaître leur souhait pour l’avenir. Ils sont 31 à revendiquer un CDI à temps complet. « Et puis, en mars 2024, c’est un coup de Trafalgar. Les tutelles annoncent à grand renfort de communication un pacte pour le Grand Théâtre-Opéra de Tours qui prévoit un budget supplémentaire de 650 000 euros en 2024, mais ne propose que des contrats en CDD à temps partiel, contrairement aux engagements pris par l’adjoint au maire. » Le Stam-CGT crie à la « trahison » et l’orchestre se met de nouveau en grève le 15 mars.  Pour un véritable service public culturel « Nous avons demandé à la ville de mandater le directeur de l’Opéra pour élaborer avec nous un projet viable, raconte Matthieu Randon. Alors qu’un cabinet d’experts avait jugé que les coûts s’élèveraient à trois millions, nous avons démontré qu’avec une rallonge de 850 000 euros et la participation de cinq partenaires – dont la métropole, qui ne versait aucune subvention –, cela était réalisable. Et que cela permettrait de donner 141 concerts par an, dont 54 scolaires, sur toute la région. »  Un véritable service public culturel en somme. Le dernier conseil municipal de décembre 2025 valide la création de 32 postes musiciens à temps plein et de cinq postes administratifs, dont un chef d’orchestre. Reste, d’ici au 1er juillet, à modifier le règlement intérieur de l’Opéra pour l’adapter au nouveau statut d’agent municipal des musiciens concernés. Quant à ceux n’ayant pas souhaité bénéficier d’un CDI, ils demeureront intermittents du spectacle. Pour Laura Perrine-Martin, cet épilogue représente un grand soulagement. « Quatre années de bataille, c’est difficile psychologiquement, confie-t-elle. On ne savait pas si on allait continuer à vivre de notre métier. Aujourd’hui, les musiciens recrutés à temps plein qui n’habitaient pas à Tours cherchent un appartement ou une maison pour s’y installer. C’est une dynamique positive. Et attendre une saison musicale à temps plein, cela nous change ! » Matthieu Randon s’en réjouit lui aussi, tout en soulignant que « syndicalement, on a fait tout le boulot des services administratifs et des politiques. Sans cette mobilisation, l’orchestre aurait disparu. » Article publié dans le HS du Peuple congrés du lundi 1 juin ​ 

[ Tract ] 90 ans des congés payés, profitons de notre conquis social

Le droit aux vacances est un droit pour toutes et tous : il est temps d’avoir les moyens de se réapproprier nos congés ! Depuis 1936 des conquis sont obtenus : dix-huit jours ouvrables (1956) ; quatrième semaine de congés payés (1968) ; cinquième semaine (1982)… La lutte pour la réduction du temps de travail continue Recul du droit aux vacances : quelles raisons ? des salaires trop bas : comment partir en vacances quand le mois se termine souvent le 15 ? un pouvoir d’achat laminé par l’inflation, les hausses de l’énergie, de l’alimentation, des loyers ; un coût trop élevé du transport qui se rajoute à toutes les autres dépenses ; un tourisme marchand capitaliste, standardisé.  Résultat : des millions de personnes sont exclues des vacances chaque année en France, en premier lieu les travailleur·ses précaires, les familles monoparentales, les jeunes des quartiers populaires, les retraité·es modestes… , Le tourisme social : une autre idée des vacances À l’heure où le tourisme marchand n’existait pas, le tourisme social, porté par la CGT, permettait à des millions de travailleur·ses de bénéficier des premiers congés payés ! Le tourisme social, solidaire, c’est le droit aux vacances pour tou·tes – pas seulement pour les plus riches. C’est un projet de société, un outil d’émancipation, de mixité sociale, de respiration collective. Il doit combattre toute forme d’exclusion et être laïque. Il doit aussi offrir un mieux-disant dans sa gestion sociale, notamment en assurant un haut niveau de formation des personnels. Le tourisme social, ce sont : les centres de vacances pour enfants (colonies/séjours, classes découvertes) ; les villages vacances accessibles via les CSE (comités sociaux et économiques) ; les associations, coopératives, mutuelles qui défendent une autre idée des vacances : conviviales, reposantes, éducatives, respectueuses de l’environnement. Mais ce secteur est malmené, délaissé par les pouvoirs publics, fragilisé par les logiques de rentabilité et les appétits du secteur marchand, de ses actionnaires qui rêvent de s’approprier ce secteur économique leur échappant. Pourtant, porteur de valeurs fortes (solidarité, égalité, justice sociale, non lucratif, veillant à l’intérêt de ses salarié·es), le tourisme social devrait avoir un bel avenir. , Le billet de congé annuel, qu’est-ce que c’est ? En France, le billet populaire de congé annuel est un billet de train dont la création a été annoncée le 30 juillet 1936 par Léo Lagrange après des négociations serrées avec les compagnies ferroviaires privées. Il fait suite à la loi instituant deux semaines de congés payés et sera très vite appelé le « billet Lagrange ». Initialement valable trente et un jours maximum, impliquant un séjour minimum de cinq jours au point de destination, il permet alors au/à la bénéficiaire ainsi qu’à sa famille d’obtenir 40 % de réduction sur le prix du billet normal aller et retour (demi-tarif pour les enfants de 3 à 7 ans). Dès 1937, le billet congé annuel sera modifié afin d’apporter quelques améliorations. La femme salariée sera reconnue comme cheffe de famille si son mari est chômeur ou retraité. Elle pourra ainsi obtenir la réduction pour elle, son conjoint et ses enfants. Les travailleur·ses étranger·es auront également les mêmes droits. Dès 1936, 600 000 billets sont vendus, puis 1,8 million en 1937. Et aujourd’hui ? Ce billet est toujours commercialisé par la SNCF et se dénomme désormais « billet de congé annuel ». Il permet de bénéficier d’une réduction annuelle de 25 % (la réduction de 50 % si le billet est payé en chèques-vacances n’existe plus depuis le 1er janvier 2023) pour un voyage aller-retour d’au moins 200 km en tout. Conditions Le droit au billet de congé annuel de la SNCF n’est attribué qu’une fois par an que ce soit en tant que titulaire ou en tant qu’accompagnant·e. Tou·tes les salarié·es sont concerné·es, du privé comme de la fonction publique, les retraité·es, les privés·es d’emploi bénéficiant d’allocations-chômage. Vos proches bénéficient de la même réduction si elles et ils vivent sous le même toit que vous et voyagent avec vous, à savoir : votre conjoint·e, vos enfants de moins de 21 ans. , La CGT revendique Le renforcement du tourisme social par un financement public ambitieux ; L’accès de tou·tes les salarié·es à des CSE, associations et CSA doté·es de moyens pour leur permettre d’accéder à des séjours de qualité ; Une revalorisation des salaires et des pensions pour permettre à tou·tes de partir ; La défense des structures de tourisme social menacées de fermeture ; L’inscription du droit au départ en vacances effectif dans les politiques sociales ; Les 32 heures par semaine payées 35 : la réduction du temps de travail, c’est aussi plus de temps libre ! , Reprenons nos vacances en main Si nous voulons disposer d’un outil puissant et efficace, nous devons promouvoir l’adhésion des CSE, des associations, des SCI de copropriétaires, et des exploitant·es des centres à l’Ancav-SC, outil de coordination de la CGT. Se réapproprier nos vacances, c’est refuser qu’elles deviennent un produit de luxe réservé à une élite. C’est revendiquer le droit au repos, à la découverte, à la vie familiale, à la liberté ! Les vacances sont un besoin vital, un temps pour souffler, pour vivre autrement, loin des cadences, de la pression, du quotidien oppressant. Pour un tourisme populaire, solidaire, accessible et humain : engageons nous pour le droit aux vacances pour toutes et tous ! , Télécharger le tract , ​ 

🔥 Canicule : la CGT exige une vraie protection des salarié·es face aux fortes chaleurs

🌡️ Vagues de chaleur : une réalité désormais structurelle Alors que le dérèglement climatique s’amplifie, les épisodes caniculaires se répètent, s’intensifient et s’étendent sur une durée de plus en plus longue, de mai à octobre. Et pourtant, les interventions politiques et réglementaires restent largement insuffisantes. Début 2025, la DGT (Direction générale du travail) publiait son bilan de la canicule 2024, basé sur 1 717 interventions de l’inspection du travail. Le constat est sans appel : Conditions de travail très dégradées, même sans alerte météo, 11 accidents graves liés à la chaleur, dont 7 mortels. Ne serait-ce qu’hier, lundi 30 juin, un jeune homme de 35 ans est décédé sur un chantier après un malaise. 🌡️ Quelles sont les règles au travail en cas de fortes chaleurs ? Pour réduire les risques liés à la chaleur, l’employeur doit notamment : mettre en place des procédés de travail réduisant ou supprimant l’exposition à la chaleur (dispositifs filtrant ou occultant, ventilateurs, brumisateurs…) ; aménager les lieux et postes de travail ; adapter les horaires de travail afin de limiter la durée et l’intensité de l’exposition et de prévoir des périodes de repos ; augmenter l’eau potable fraîche mise à disposition des travailleurs (en cas d’absence d’eau courante, il faut prévoir au moins 3L d’eau par salarié·e par jour) ; fournir des équipements de protection individuelle permettant de limiter ou de compenser les effets des fortes températures ou de se protéger des effets des rayonnements solaires ; mettre en place un protocole de secours pour les salarié·es qui travaillent seul·es.   Canicule : « Les fortes chaleurs et l’absence d’adaptation sont responsables chaque année de dizaines de morts » au travail, dénonce la CGThttps://t.co/eD122VKNrC — franceinfo (@franceinfo) June 17, 2025   ⚠️ Un décret gouvernemental inefficace et sans portée réelle Derrière les opérations de communication du gouvernement, le décret n°2025-482 du 25 mai 2025 impose ces quelques mesures aux employeurs, mais sans répondre aux urgences : ❌ Aucune température maximale de travail définie, ❌ Aucun renforcement du droit de retrait, ❌ Aucune interdiction explicite de faire travailler dans des locaux à 40°C l’été ou 12°C l’hiver. Le gouvernement élargit la notion de “température convenable”, mais sans la définir. Il crée un nouveau chapitre sur les fortes chaleurs, mais ne l’active qu’en cas d’alerte jaune ou orange de Météo France, ignorant que les accidents surviennent aussi en vigilance verte, notamment en fonction de la chaleur dans les bâtiments où l’on travaille (bureaux, ateliers, usines, etc) ​​L’INRS juge dangereux un travail physique au-delà de 28°C et sédentaire au-delà de 30°C Ces mesures doivent être renforcées pour les salariés vulnérables du fait de leur âge ou de leur état de santé. À noter que si le décret ne définit pas ce qu’il nomme une « température adaptée compte tenu de l’activité des travailleurs et de l’environnement dans lequel ils évoluent », il existe des recommandations officielles en la matière. L’Organisation Mondiale de la Santé vient en effet la fixer entre 16 et 24°C et l’Institut National des Risques professionnels (INRS) juge dangereux un travail physique au-delà de 28°C et sédentaire au-delà de 30°C. 🧱 Des mesures au bon vouloir de l’employeur Le décret ne prévoit d’action qu’à condition que l’employeur reconnaisse lui-même l’existence d’un risque. Tant que ça n’est pas le cas, rien ne s’impose. La prévention, pourtant élémentaire (eau fraîche, pause, aménagement horaire), n’est toujours pas systématisée. 🏗️ Dans le BTP, un premier pas… insuffisant En 2024, les mesures de chômage intempéries ont été élargies aux fortes chaleurs dans le BTP. Une avancée… mais qui entraîne une perte de revenu contrairement au droit de retrait, qui impose le maintien du salaire. Et dans bien des TPE ou entreprises sans représentants du personnel, ce droit reste méconnu ou non exercé. La CGT rappelle que le droit de retrait (Code du travail L.4132-1) permet de se mettre à l’abri : se mettre à l’ombre, aller boire, rentrer au dépôt… tout en restant à disposition de l’employeur. 🧰 Ce que peuvent faire les salarié·es dès maintenant : 📝 Faire un écrit décrivant les effets de la chaleur et le transmettre à l’employeur et à l’inspection du travail ; 👩‍⚕️ Demander une visite au médecin du travail, qui peut formuler des préconisations officielles. ❌ L’inspection du travail toujours sans pouvoirs renforcés Malgré les alertes des DREETS, le gouvernement refuse de doter les inspecteurs de leviers efficaces : Aucun droit d’arrêt immédiat des travaux, Une simple mise en demeure avant verbalisation, avec 8 jours de délai pour l’employeur, En cas de recours, tout est suspendu. Et l’absence de réponse de la DREETS vaut annulation implicite. ✅ Les revendications concrètes de la CGT Pour garantir une réelle protection, la CGT exige : 📉 Une réduction des rythmes de travail en cas de forte chaleur ; ⏸️ Une augmentation des temps de pause rémunérés dès 25°C ; 🛑 L’extension du chômage intempéries pour chaleur à tous les secteurs ; 🛡️ Le maintien et renforcement du droit de retrait, sans sanction possible sans l’avis de l’inspection du travail ; 🕵️ Des enquêtes systématiques après les malaises ou accidents liés à la chaleur ; 📋 Un rappel obligatoire par le ministère du travail sur le rôle du CSE / CSSCT après un accident grave. Le renforcement des moyens de la médecine du travail et de l’inspection du travail, particulièrement en matière d’effectifs. 🧱 Une sous-déclaration chronique des accidents du travail La CGT alerte sur les pressions économiques dans le BTP, la sous-traitance et bien d’autres secteurs, qui freinent la reconnaissance des accidents du travail et rendent invisibles des risques pourtant bien réels. Selon la DGT, seulement un tiers des CSE ont mené une enquête après un accident grave : ce chiffre est inacceptable. 👷‍♀️ Travailler plus vieux… sous 40°C ? La réforme des retraites vient aggraver la situation : travailler au-delà de 60 ans dans des conditions de plus en plus éprouvantes devient une perspective insoutenable pour de nombreux salarié·es. 📢 La bataille doit continuer Le gouvernement ne peut pas continuer à ignorer la réalité du

Victoire des Coiffeuses du Boulevard de Strasbourg à Paris après 78 jours de grève

78 jours où la détermination et la solidarité ont été au rendez-vous chaque jour Leur mouvement soutenu par la CGT s’est soldé par une victoire éclatante. Les travailleuses et travailleurs ont d’ores et déjà commencé à recevoir leurs premiers titres de séjour, qui les couvriront durant toute l’instruction de l’affaire, où la qualification de traite des êtres humains devrait être retenue par l’autorité judiciaire. L’épilogue de ce mouvement se jouera devant les tribunaux, où la CGT espère des peines exemplaires à l’encontre de ces employeurs qui ont abusé de ces salarié·es en situation de vulnérabilité. La CGT salue le courage et la détermination sans faille des grévistes tout au long des 78 jours. C’est cette détermination et leur solidarité qui est l’une des clés de cette victoire.  Il faut également saluer l’engagement sans faille des organisations de la CGT impliquées dans ce conflit, l’UD CGT de Paris, l’UL CGT de Paris 10 et l’US CGT Commerce de Paris ; ainsi que la solidarité et l’implication de nombreuses organisations de la CGT qui ont contribué à cette victoire. Cette nouvelle affaire de traite des êtres humains montre les conséquences délétères d’une politique migratoire restrictive et répressive à l’égard des étranger·es Après les travailleurs des vendanges de Champagne, les salarié·es de la restauration à Albi, nous constatons une augmentation de ce type d’affaire ces dernières années. Cette progression dramatique, confirmée à l’échelle européenne, n’est pas sans lien avec la réduction des droits et la construction d’un infra-droit des étranger·es que subissent depuis quelques années les travailleur·euses étranger·es : effet d’aubaine pour les tenants de la surexploitation. Il n’y a pas de fatalité dans la multiplication des affaires de traite d’êtres humains qui sont aussi très souvent imbriquées avec des réseaux mafieux. Il y a nécessité de faciliter la délivrance et le renouvellement de titre de séjour pour les travailleurs et travailleuses étranger·es, mettre des moyens dans les préfectures pour y affecter du personnel en nombre suffisant et correctement formé pour rendre un service public de qualité aux usager·es. La saignée dont sont victimes les services de l’inspection du travail doit s’arrêtée : les effectifs doivent être renforcés face à des réseaux mafieux mieux organisés et plus nombreux. Les parquets doivent veiller à mettre en cohérence leurs politiques pénales et ne pas laisser la traite des êtres humains dans un angle mort Ces affaires de traite montrent ce que produisent les politiques d’austérité, de destruction des droits et garanties collectives des travailleur·euses et des politiques répressives à l’égard des étranger·es.  Ils sont le laboratoire et les avant-postes d’une attaque d’ensemble contre les droits de toutes les travailleuses et travailleurs. Elles interrogent de manière plus générale sur les politiques publiques mises en œuvre et les dysfonctionnements constatés notamment en matière de renouvellement et d’accès au droit du séjour de celles et ceux qui font pourtant fonctionner quotidiennement l’économie du pays. La CGT continuera à lutter pour une société plus juste et plus solidaire, cela passe par la régularisation des travailleurs et travailleuses sans papiers.           Voir cette publication sur Instagram                       Une publication partagée par La CGT (@cgt_confederation)           Voir cette publication sur Instagram                       Une publication partagée par La CGT (@cgt_confederation) Téléchargement-s . ( – Lu) Télécharger . ( – Lu) Télécharger , ​ 

[ Tract ] Salaires, vie chère : ce n’est pas le 1er mai qu’il faut voler, c’est les salaires qu’il faut augmenter

Il n’y a pas eu d’augmentation du salaire minimum au-delà de l’inflation depuis treize ans Résultat : alors que la France est la seconde économie de l’Union européenne, elle ne se classe qu’au sixième rang pour le niveau de salaire minimum. Pire, plus les salaires sont bas, plus les exonérations de cotisations sociales sont élevées – ce qui tasse tous les salaires !  Attaquer le salaire brut et les cotisations sociales, c’est diminuer les droits en cas de licenciement, d’accident du travail, de maladie, de congés parentaux ou pour nos retraites. Avec le retour de l’inflation, vivre de son travail devient encore plus difficile : faire le plein de carburant, remplir le frigo, sans même parler de s’évader quelques jours en vacances Bloquer le prix du carburant L’augmentation du prix des carburants est due à la spéculation des grands groupes pétroliers : plus de la moitié de la hausse du coût du gasoil est due exclusivement à l’augmentation de leurs marges.  Face à l’insuffisance des annonces du Premier ministre, des mesures concrètes s’imposent.  La CGT revendique un service public de l’énergie et le blocage du prix du carburant pour mettre fin à la spéculation des grands groupes, faire baisser les prix pour les salarié·es comme pour les entreprises et réorienter l’argent public vers les services publics ! Augmenter le SMIC, tous les salaires et les pensions de retraites ! Dans nos entreprises, mieux que des primes ponctuelles, souvent non cotisées, exigeons la réouverture des négociations annuelles obligatoires (NAO) pour obtenir de véritables augmentations générales de salaires, gagner l’égalité salariale et vivre dignement de notre travail. Contre la vie chère : indexer les salaires sur les prix Exigeons une loi pour indexer les salaires sur les prix : quand les prix augmentent les salaires doivent augmenter d’autant !  C’est le principe de “l’échelle mobiles des salaires”, appliqué en France jusqu’en 1983 et toujours vigueur en Belgique aujourd’hui. Face à l’inflation, c’est simplement une mesure de justice pour ne pas perdre en niveau de vie. Au lieu de répondre aux urgences, gouvernement et patronat veulent nous voler le 1er mai ! Le gouvernement et des groupes parlementaires pro-patronaux essayent de nous voler le plus férié des jours fériés : celui des salarié·es, le 1er Mai : seul jour férié inscrit dans le Code du travail comme obligatoirement chômé et rémunéré.!  On connaît la ficelle , comme pour le travail du dimanche, on nous vend une prétendue liberté de choix, alors que cette loi profiterait aux grandes enseignes au détriment des petits commerces indépendants de proximité et de l’ensemble des salarié·es ! Après avoir appelé à la fraude ce 1er mai 2026, le gouvernement veut récidiver au Sénat :  Rendez-vous le 16 juin devant le Sénat pour protéger ce SEUL jour de repos dans l’année commun à toutes et tous ! Pour l’augmentation générale des salaires et des pensions, pour l’indexation des salaires sur l’inflation, pour le blocage du prix des carburants et contre les licenciements : On s’organise avec la CGT , , Téléchargement-s . ( – Lu) Télécharger , ​ 

Courrier intersyndical adressé au ministre de l’Intérieur et au ministre du Travail

  Monsieur le ministre de l’Intérieur,Monsieur le ministre du Travail,   À Carcassonne, le nouveau maire a engagé une procédure visant à expulser les organisations syndicales de leurs locaux. Cette décision constitue une attaque grave contre la liberté syndicale et contre nos organisations qui participent depuis des décennies à la vie démocratique et sociale de notre pays. A Carcassonne, comme ailleurs, les locaux syndicaux et les Bourses du travail, ne sont pas des locaux municipaux comme les autres. Comme partout en France, il s’agit de lieux historiques d’accueil, d’organisation et de défense des travailleurs et travailleuses. A Carcassonne, depuis près de 90 ans, les salarié·es peuvent être accueilli·es à la bourse du travail et accompagné·es notamment grâce à des permanences juridiques face aux licenciements abusifs, aux impayés, aux accidents du travail, aux discriminations et à la précarité. Dans un territoire durement touché par les inégalités sociales, cette présence estessentielle. Présenter cette expulsion comme une simple mesure administrative relève de la mauvaise foi politique. Cette décision s’inscrit dans une série d’actes assumés par le maire RN de Carcassonne : suppression de subventions à la Ligue des Droits de l’Homme et à toutes les associations qui critiquent l’extrême droite, retrait du drapeau européen sur la façade la mairie, remplacement du portait du Président de la République par celui de Marine Le Pen, suppression des publications légales dans la presse locale considérée comme trop critique…Aujourd’hui, ce sont les syndicats, qui sont directement visés parce qu’ils constituent un contre-pouvoir organisé, capable de défendre les droits sociaux et les libertés collectives. Messieurs les ministres, s’attaquer à une Bourse du travail n’est jamais anodin. Ces lieux sont issus de l’histoire du mouvement ouvrier et de la construction des solidarités populaires. Un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales de 2013 sur les Bourses du travail et les Maisons des syndicats chiffrait leur fréquentation à plus d’un million de personnes dans le cadre des permanences juridiques et sociales. Les affaiblir ou les faire disparaître revient à porter atteinte à la capacité des salariés à se défendre collectivement et à accéder concrètement à leurs droits. Cette décision est contraire à la Convention sur la libertésyndicale et la protection du droit syndical de 1948. Ce qui se joue à Carcassonne dépasse largement le cadre local. Si une municipalité peut, pour des raisons idéologiques, expulser des organisations syndicales d’un lieu qu’elles occupent parfois depuis près d’un siècle, alors c’est un précédent extrêmement dangereux qui est créé pour l’ensemble du pays. Nous vous demandons solennellement d’intervenir afin que soit garanti le respect des libertés syndicales et des principes républicains. Nous appelons également les services de l’État et la préfecture de l’Aude à prendre leurs responsabilités face à une décision qui remet directement en cause l’exercice normal de l’activité syndicale. Il ne s’agit pas seulement de défendre un bâtiment. Il s’agit de défendre un principe fondamental : dans une démocratie, les syndicats ne doivent jamais être réduits au silence par le pouvoir politique. Convaincus de votre attachement aux principes fondamentaux de notre démocratie et de notre République, nous vous prions d’agréer, Messieurs les ministres, l’expression de nos sentiments les meilleurs. Sophie BINET,Secrétaire générale de la CGT François HOMMERIL,Président de la CFE-CGC Caroline CHEVÉ,Secrétaire générale de la FSU Marylise LÉON,Secrétaire générale de la CFDT Laurent ESCURE,Secrétaire général de l’UNSA Frédéric SOUILLOT,Secrétaire général de FO Julie FERRUA et Murielle GUILBERT,Co-déléguées de Solidaires Téléchargement-s . ( – Lu) Télécharger , ​ 

🏳️‍🌈 Kit de communication – Mois des fiertés 2026

Agir pour l’égalité des droits : un engagement de la CGT  Discriminations, violences, invisibilisation : au travail aussi, les personnes LGBTQIA+ subissent des injustices. Depuis près de 30 ans, la CGT s’organise pour faire reculer les discriminations et conquérir l’égalité des droits au travail pour les personnes LGBTQIA+. Car si des avancées législatives ont été obtenues, la réalité du monde du travail reste souvent marquée par des inégalités, des violences, du silence ou de l’invisibilisation. La CGT revendique une société et un monde du travail inclusifs, où chacune et chacun puisse vivre et travailler librement, sans crainte ni discrimination. Affiche / autocollant Version pour impression – télécharger Version pour impression avec traits de coupe – télécharger Version pour affichage numérique – télécharger Autocollant – télécharger   Quiz / bulletin de contact Version pour impression – télécharger Version pour impression avec traits de coupe – télécharger Version pour affichage numérique – télécharger , Guide syndical Télécharger , ​ 

Lettre de Sophie Binet adressée au Premier ministre

Monsieur le Premier ministre, Je tiens, par ce courrier, à vous faire part de notre plus grande inquiétude sur les conséquences économiques et sociales de la guerre au proche et au moyen orient. La première urgence est bien évidemment diplomatique pour qu’un réel cessez le feu ainsi qu’un processus de paix durable soient mis en place pour faire cesser les souƯrances des populations civiles bombardées. Il faut par ailleurs répondre sans attendre à la détérioration de la situation des salarié.e.s et des retraité.e.s en France. L’Agence Internationale de l’Energie prévoit un choc au moins aussi violent que le choc pétrolier de 1973. Alors que des millions de travailleuses et de travailleurs sont déjà contraints de choisir entre remplir leur frigo ou faire leur plein, l’augmentation des prix du gaz et du carburant risque de s’installer dans la durée et de se répercuter sur l’ensemble des biens de consommation, à commencer par les produits alimentaires. Ainsi, l’INSEE vient d’évaluer l’inflation à 2,2% depuis un an. M. le Premier ministre, les leçons doivent être tirées de la crise inflationniste de 2022 déclenchée par l’agression de l’Ukraine par la Russie. A l’époque, les seules mesures pour tenter de contenir les prix de l’énergie ont reposé sur un bouclier tarifaire, sans régulation des prix ni mesures structurelles pour sortir du marché spéculatif de l’électricité et du gaz, et sans disposition spécifique d’augmentation des salaires. Résultat : des mesures extrêmement coûteuses pour les finances publiques que les citoyen.nes et les agents de la fonction publique payent encore aujourd’hui, une explosion des profits – des pétroliers mais aussi de la grande distribution et de l’industrie agroalimentaire notamment, une inflation durable et un violent tassement des salaires et du pouvoir d’achat. Ǫuatre ans après, le pays ne s’en est toujours pas remis : les salaires réels n’ont toujours pas retrouvé leurs niveaux de 2020 et la pauvreté atteint des records. La boucle « prix/salaires » invoquée pour légitimer l’austérité salariale ne s’est absolument pas produite, au contraire, c’est la boucle « prix/profits » qui met en danger notre économie. Monsieur le premier ministre, ce n’est pas le vol du premier mai qu’il faut mettre à l’ordre du jour du Parlement mais un plan d’urgence pour protéger les travailleurs et les travailleuses et mettre à contribution les profits autour de 5 volets. 1. Bloquer les prix Il faut d’abord mettre en place un blocage immédiat des prix du carburant, à l’image de ce qui s’est fait durant la guerre du Golfe en 1990, et rétablir les prix régulés du gaz et de l’électricité. Cette mesure, neutre pour les finances publiques, permettrait de bloquer les marges des pétroliers et de la grande distribution. Après avoir dégagé 20 milliards de bénéfices nets en 2022, et 13 milliards en 2025, Total Energie a déjà réalisé près de 6 milliards de bénéfices sur le premier trimestre 2026. Une situation totalement indécente. Pas question, encore une fois, de s’en remettre au bon vouloir du groupe ou d’annoncer une mesure de taxation des bénéfices en trompe l’œil ! Il faut bloquer les marges ! 2. Augmenter les salaires Il faut ensuite des mesures très fortes pour les salaires en commençant par augmenter immédiatement de 5% le SMIC pour intégrer sans attendre l’inflation et rendre aux salarié.e.s une partie des fruits de la croissance des dernières années, puis l’augmenter progressivement pour atteindre 2200€ brut à terme. Cette revalorisation du SMIC doit être un coup d’envoi pour lancer une dynamique sur l’ensemble des salaires et mettre fin au déclassement salarial. En effet les négociations salariales sont au point mort dans les entreprises et les branches : au 1er avril 2026, soit 4 mois après la très faible augmentation automatique de 1,18% du SMIC, une branche sur trois avait encore un ou plusieurs minimas inférieurs au SMIC ! Pour éviter ce tassement salarial et garantir le paiement des qualifications, il faut rétablir l’indexation des salaires sur les prix, à l’image de ce qui existe en Belgique ou au Luxembourg pour que l’ensemble des salaires augmentent en même temps que le Smic. C’est justement cette échelle mobile des salaires, en vigueur en France jusqu’en 1983, qui nous a permis de faire face au choc pétrolier de 1973. C’est le moment de la rétablir ! Il serait également temps que les sanctions annoncées par la première ministre en 2023 pour les branches ayant des minima inférieurs au Smic soient mises en place et qu’elles soient réellement dissuasives. En eƯet, la CGT demande la réouverture immédiate de négociations de salaire dans l’ensemble des branches et des entreprises. Cependant, en l’absence de mesure contraignante, les employeurs refusent toute augmentation ou se limitent à des primes ponctuelles et non cotisées, accentuant ainsi le déficit de notre sécurité sociale. L’État employeur doit être exemplaire : le point d’indice des 5 millions de fonctionnaires doit être augmenté immédiatement alors qu’ils et elles ont perdu près de 12,5% de pouvoir d’achat par rapport au SMIC depuis 2020 malgré les faibles revalorisations intervenues entre 2022 et 2024. Des mesures spécifiques doivent être prises pour les salarié.e.s à temps partiel, à 80% des femmes, dont le salaire mensuel moyen est en moyenne à peine de 1000€. La majoration de leurs heures complémentaires doit être alignée sur celles des heures supplémentaires et une prime de précarité de 10% doit être mise en place, à l’image de cette qui existe pour les CDD. De même, alors que leur revenu salarial moyen s’élève à peine à 600€, la convention collective des aides à domicile doit être agréée immédiatement pour permettre à l’accord augmentant leurs salaires d’entrer en vigueur. Enfin, il est temps de mettre fin aux exonérations de cotisations sociales dont le coût ne cesse d’augmenter alors même que leur effet sur l’emploi est nul, transforme l’augmentation du SMIC en dispositif coûteux pour les finances publiques et engendre des phénomènes de trappes à bas salaires. 3. Revaloriser les pensions et les minimas sociaux Les prestations sociales et les minima sociaux n’ont été qu’insuƯisamment revalorisées au 1er avril (0,8%), en deçà des prévisions d’inflation

Les 88 propositions de la CGT pour des JOP Alpes 2030 exemplaires

La CGT mobilisée pour des JOP exemplaires sur le plan social et environnemental Les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 ne peuvent pas être une simple vitrine internationale, ni un événement éphémère, déconnecté des réalités sociales et environnementales. Ils doivent être, au contraire, une opportunité historique de progrès pour les travailleurs et travailleuses, pour les territoires de montagne et pour l’ensemble de la société. C’est dans cet esprit que s’inscrit la CGT avec cette feuille de route revendicative. Derrière l’ambition sportive et médiatique, des milliers de salarié·es, de saisonnier·ères, d’agent·es publics et de travailleur·euses des entreprises sous-traitantes, de bénévoles auront à cœur de réussir les Jeux, par leur travail et leur engagement. La présence de la CGT au sein du comité de la charte dans le cadre de la préparation de ces JOP correspond à la volonté de répondre aux besoins des travailleur·euses, des populations et des territoires, tout en préservant l’environnement. C’est le sens des objectifs et des engagements concrets contenus au sein de la charte sociale et environnementale signée le 26 novembre dernier. La CGT sera vigilante avec ses organisations, pour empêcher les dérogations en tous genres. Nous agirons avec fermeté pour faire respecter le code du travail et les accords conventionnels, garantir de bonnes conditions de travail, de santé, d’emploi aux travailleur·euses qui vont intervenir dans les différents secteurs dans le cadre de la tenue des JOP. Nous exigerons des dispositifs pour se prémunir du travail illégal, avec une attention particulière sur le travail des détaché·es, des saisonnier·ères, des intérimaires, des jeunes. L’accès au logement, au transport, à la santé, à l’énergie et à l’ensemble des services publics doit être garanti pour les travailleur.euses, avant, pendant et après les JOP. Les marchés et les filières économiques doivent d’abord servir l’emploi et le territoire. Cela suppose un accès réel des TPE-PME locales aux marchés, des clauses sociales réellement contrôlées, une transparence totale et le refus de toute opacité ou dérive vers le gré à gré. Forts de l’héritage des JOP 2024, la CGT affirme la nécessité d’un contrôle public renforcé, il convient de veiller à la stricte application des engagements de responsabilité sociétale et environnementale, et favorisant une participation pleine et entière des acteur·trices sociaux·ales à toutes les étapes. Les Jeux doivent laisser un héritage durable, utile aux populations locales. Cela implique de répondre concrètement aux besoins en logements accessibles, en transports publics, en services de santé, en éducation et en infrastructures sportives. Non seulement ils ne doivent pas profiter à quelques-un·es, mais bénéficier à toutes et tous en favorisant la pratique du sport pour toutes et tous. Pour la CGT, les JOP 2030 doivent être une opportunité pour réaliser ou accélérer des infrastructures dans de multiples domaines dans ces régions de montagne, pour repenser le modèle économique du tourisme de la montagne : passer d’un tourisme centré sur le “tout- ski” à un tourisme des quatre saisons, développer des activités diversifiées, respectueuses de l’environnement et améliorer la qualité de vie et la stabilité des emplois, de l’industrie, des services publics dans les territoires de montagne. A l’exemple des JO d’Albertville en 1992, des JOP de Paris, la réussite des jeux et leur exemplarité exigent une véritable démarche de concertation territoriale. Les choix structurants pour le territoire ne peuvent pas se décider sans le monde du travail, ni les organisations syndicales. 1. Garantir de bonnes conditions de travail : A – Respect des droits des travailleur·ses 1.    Respecter strictement les durées de temps de travail, le repos hebdomadaire et dominical, les salaires minimaux conventionnels, les conditions d’emploi et d’encadrement du recours aux heures supplémentaires ;  2.    Assurer la vérification systématique des diplômes, qualifications et formations pour les postes à risque ;  3.    Prendre en compte la précarité et garantir une indemnité de fin de contrat en cas de rupture ou de fin de contrat ;  4.    Lutter contre toute forme de discrimination dans l’accès à l’emploi et dans l’emploi ;  5.    Garantir l’égalité salariale, prévenir les violences sexistes et sexuelles et mettre en place des dispositifs d’information, de prévention et de protection ; 6.    Garantir aux travailleur·ses des entreprises sous-traitantes, a minima, les mêmes niveaux de rémunération et le respect des mêmes conditions de travail que les travailleur·ses de l’entreprise utilisatrice ;  7.    Respecter les classifications conventionnelles au regard des emplois occupés. B – Santé, sécurité et conditions de travail 8. Prévenir et compenser l’ensemble des risques professionnels auxquels sont exposés les travailleur·euses, lié·es à des contraintes physiques marquées, un environnement physique agressif ou à certains rythmes de travail, dans l’ensemble des professions concernées. 9. Planifier les chantiers et mettre en place des comités d’hygiène, santé et sécurité de site, pour garantir la santé et la sécurité sur les chantiers. 10. Créer une commission de l’Observatoire départemental d’analyse et d’appui au dialogue social et à la négociation collective (l’ODDS), sous la responsabilité de l’Etat sur les sites d’accueil pour les métiers spécifiques. 11. Fixer des règles précises sur le niveau de la sous-traitance afin d’éviter le travail dissimulé, et responsabiliser le maitre d’œuvre en matière de santé et sécurité au travail. 12. Installer des permanences syndicales, Carsat, inspection du travail et médecine du travail sur chaque site.13. Garantir des conditions de transport, d’hébergement et de repas dignes et prévus dès la préparation des Jeux, (sanitaires, points d’eau, cuisine, salle de repos). 14. Garantir des dispositions d’aide à la garde d’enfants pour les personnels mobilisés sur des horaires atypiques. 15. Programmer pour tous les travailleur.euse.s des JOP, les formations réglementaires à la sécurité et à la santé au travail, ainsi que la désignation d’un·e référent·e santé et sécurité au travail. 16. Mettre en place la visite médicale obligatoire pour toute embauche avec un suivi particulièrement pour les métiers pénibles et à risques. C – Veiller au respect et la mise en œuvre des engagements contenus dans la charte sociale et environnementale Les entreprises, services publics et associations doivent connaître, appliquer et respecter la charte sociale, économique et environnementale, signée par l’ensemble des organisations syndicales et patronales (lien de la charte) durant toute la durée de

[Livret] Changement climatique et travail : des leviers pour agir

Il n’y a pas de fatalité naturelle Ce n’est pas la Terre qui « se dérègle toute seule », mais bien le système capitaliste qui organise la surexploitation des ressources, des travailleur·ses et du vivant au profit d’une minorité.  Dès qu’on regarde les choses d’un peu plus près, la crise environnementale apparaît pour ce qu’elle est : une question sociale, une question de classe, une question de lutte contre l’exploitation capitaliste et ses attaques vis-à-vis des droits et de l’emploi, au contraire de la satisfaction des besoins de la population. Une crise globale On parle souvent de « crise climatique », mais en réalité c’est tout une trame qui se défait : le climat se réchauffe, les écosystèmes se dégradent, la pollution due à l’activité humaine (chimique, particules fines, composés organiques volatils, métaux lourds, biologique et allergènes, pollution radioactive) imprègne l’air, l’eau, les sols, les lieux de travail et les corps.  Ces dimensions ne sont pas séparées les unes des autres, elles ont des racines communes : la dépendance aux énergies fossiles, la course à la rentabilité, l’extraction toujours plus rapide de matières premières naturelles brutes et leurs transformations, l’appropriation des ressources en eau, la production croissante de déchets ; la mise en concurrence des pays, des territoires et des salarié·es ; la recherche obstinée des droits sociaux et environnementaux les plus faibles.  La même logique qui ferme un site industriel au nom de la rentabilité financière rase une forêt, artificialise des terres agricoles ou laisse se multiplier les substances toxiques. La responsabilité inverse La responsabilité est sans cesse renvoyée aux individus, sommés de « faire des efforts » : prendre des douches plus courtes, trier leurs déchets, « consommer responsable ».  Mais si ces gestes comptent, ils ne doivent pas masquer l’essentiel : les responsabilités sont massivement inégales. Le capital, sous la forme entre autres de grandes firmes et de grandes fortunes, pèse une part disproportionnée des émissions et des pollutions, tout en distribuant des dividendes records, du fait de l’exploitation des travailleur·ses et de leur habitat : « la terre ».  Les gouvernements, eux, continuent trop souvent à accompagner ce mouvement : refus d’encadrer par des lois contraignantes, dérégulation, privatisations, « simplification », accords de libre-échange, baisses d’impôts pour les plus grosses entreprises, flexibilisation du travail, recul des services publics. Les coûts réels – sur la santé, les territoires, la qualité de vie – sont reportés sur les travailleur·ses, les habitant·es, les générations futures. À l’inverse, les classes populaires sont à la fois les moins responsables et les plus exposées. Elles vivent davantage dans des logements mal isolés, près des axes routiers et des sites industriels, dans des quartiers, dans des villes, dans des territoires où l’accès aux transports collectifs, aux espaces verts, aux services publics est plus difficile.  Elles subissent les vagues de chaleur sur les chantiers, dans les ateliers, les entrepôts, les cuisines, les services de soin ; elles subissent les horaires décalés, les temps de trajet toujours plus longs. Les conséquences de la destruction de cette planète qui nous héberge ne sont pas « les mêmes pour tout le monde » : elles aggravent les inégalités existantes, elles frappent plus fort là où les protections sociales, syndicales et territoriales sont déjà fragilisées. Une adaptation injuste ou une transition juste C’est dans ce paysage que s’imposent deux enjeux indissociables : atténuer le dérèglement climatique – en réduisant radicalement les émissions et les pollutions – et s’y adapter pour protéger la santé, les conditions de vie et de travail.  Atténuation et adaptation de quoi, et pour qui ? Là encore, deux voies se dessinent. La première, déjà à l’œuvre, consiste à demander aux plus modestes de se « débrouiller » : travailler malgré la chaleur, payer plus cher l’énergie ou l’eau, accepter des restrictions pendant que d’autres continuent de surconsommer ; accepter des fermetures de sites au nom du climat pendant que les multinationales maintiennent leurs profits et délocalisent leurs émissions ; laisser les territoires les plus vulnérables encaisser les chocs en silence, comme si polluer en Asie n’avait pas de répercussion sur le reste de la planète.  La seconde voie, celle que nous voulons ouvrir, considère l’atténuation et l’adaptation comme des droits et un terrain de luttes sociales : droit à des logements dignes et correctement isolés, droit à des conditions de travail compatibles avec la santé, droit à des services publics robustes (eau, énergie, santé, transport, éducation), droit à une reconversion des productions polluantes sans pertes d’emplois ni de salaires, droit à des territoires vivables, aménagés en pensant d’abord aux besoins sociaux et au respect du vivant. Au cœur de nos luttes Pour la CGT, l’environnement n’est pas un sujet « annexe » qu’on ajouterait à la fin des revendications, c’est un fil qui traverse toutes nos batailles : l’emploi, les salaires, la formation, le contenu du travail, la santé, le logement, l’organisation des transports, l’avenir industriel des territoires. Refuser que la transition se fasse contre les travailleur·ses, refuser que l’atténuation et l’adaptation se traduisent par plus de précarité, plus de pénibilité et plus d’injustice, c’est au cœur de notre mandat syndical. À l’heure où un dollar est investi pour protéger la nature contre trente pour la détruire, alors que le GIEC et l’IPBES alertent depuis des décennies, sur la base d’un consensus scientifique incontestable, sur la nécessité de transformer nos modes de production et de consommation, l’action ne peut plus être différée. D’autant que le coût d’une transition juste, fondée sur l’atténuation et l’adaptation, est sans commune mesure avec celui de l’inaction. Comprendre, agir, lutter Ce livret part donc d’une conviction simple : comprendre la crise environnementale comme une crise sociale et de classe est une condition pour mieux s’y confronter et ne pas la subir.  Il ne s’agit pas seulement de « limiter les dégâts », mais de reprendre la main sur ce qui est produit, comment, pour quels besoins, avec quels effets sur notre santé, sur la nature, sur les générations à venir. Adapter nos sociétés au réchauffement, oui – mais en transformant profondément l’appareil productif, avec pour objectif ultime la socialisation de l’outil, en renforçant les droits des travailleur·ses,

Cahier revendicatif pour l’égalité réelle et la justice sociale dans les pays ultramarins

Les travailleuses et travailleurs des pays ultramarins subissent des inégalités structurelles profondes : bas salaires, coût de la vie exorbitant, logements indignes, réseaux publics défaillants, domination de grands groupes, accès difficile aux soins, transports insuffisants. Les dispositifs politiques successifs n’ont jamais été évalués, laissant les populations dans une crise permanente, aggravée par les catastrophes climatiques. L’action publique doit se déployer sur deux fronts indissociables : d’une part, améliorer les normes, les prescriptions et les cadres juridiques ; d’autre part, exercer un pouvoir de contrôle effectif, car nombre de dispositifs existants demeurent inappliqués ou contournés, créant un écart inacceptable entre le droit et la réalité vécue par les travailleurs et travailleuses. L’ensemble des confédérations réunies dans cette démarche contre la vie chère affirment la nécessité d’un cahier revendicatif national commun, non pas fondé sur des listes de revendications territoriales fragmentées, mais structuré autour de 6 axes transversaux, applicables à tous les DROM-COM : Salaires, pensions et minima sociaux ; Logement, habitat digne et infrastructures publiques ; Transports et mobilité ; Prix, énergie, alimentation et pouvoir d’achat ; Santé, accès aux soins et services publics sanitaires ; Multinationales et grands groupes. Le document en téléchargement constitue le socle syndical commun pour une action coordonnée à destination des pouvoirs publics dans l’ensemble des territoires. Si certaines problématiques évoquées ne sont pas spécifiques aux territoires ultramarins, ce qui les caractérise est l’ampleur et l’accumulation des phénomènes dénoncés, révélatrices d’une continuité des rapports coloniaux de domination économique, sociale et territoriale qui exige une rupture politique. Montreuil, le 29 avril 2026 Téléchargement-s . ( – Lu) Télécharger ​ 

La place des enfants n’est pas au travail

Le 17 avril dernier, un élève de lycée professionnel âgé de 15 ans est décédé, percuté par un engin de chantier alors qu’il effectuait un stage en entreprise à Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. Nous nous saisissons du 28 avril 2026, journée mondiale sur la santé et la sécurité au travail, pour alerter sur la situation des mineur·es qui sont exposé·es aux multiples dangers de l’entreprise et proposer des mesures de protection. En 2025, le bilan est accablant : 5 mineurs ont trouvé la mort alors qu’ils étaient en immersion en entreprise. Un collégien en classe de troisième, décédé en 2022, est le plus jeune des morts au travail. Le travail tue, et les jeunes en sont les victimes. C’est la preuve que l’entreprise n’est pas un lieu de formation adapté aux plus jeunes, elle peut les mettre en danger, encore plus que pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs. D’après l’INRS, les 15-24 ans connaissent en moyenne 2,5 fois plus d’accidents de travail que l’ensemble des salarié·es. D’après les statistiques de l’assurance maladie, 32 travailleurs et travailleuses de moins de 25 ans cotisant au régime général sont décédé·es sur leur lieu de travail en 2023. Ce chiffre s’élève à 38 si l’on inclut les cotisant·es à la Mutualité Sociale Agricole. Devant ce constat accablant, des organisations ont multiplié les alertes. La réponse apportée par le ministre du travail n’est pas à la hauteur du problème. Si Jean-Pierre Farandou reconnaît que « chaque mort est inadmissible », il continue d’affirmer que « c’est une bonne chose que les jeunes aillent dans les entreprises » et se contente de mesures de prévention d’une légèreté désinvolte, limitées au port de casques d’une couleur différente pour distinguer les jeunes. La question des jeunes qui meurent au travail demande une réponse sérieuse. En effet, les décès de mineur·es au travail en 2025 sont la conséquence d’orientations politiques qui ont assoupli les contrôles et les mesures de protection, qui ont promu un rapprochement toujours plus grand entre l’école et l’entreprise. En 2015, le décret Rebsamen a assoupli la procédure permettant d’affecter un·e jeune sur des postes interdits aux mineur·es, remplaçant l’obligation d’une visite de l’inspection du travail par une simple déclaration. En 2018, la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a allégé les règles de durée de travail des apprenti·es tout en abrogeant l’inspection de l’apprentissage. Le plan « santé scolaire » lancé en 2025 acte une nouvelle dérogation, ne prévoyant qu’une visite médicale par cycle, contrevenant au Code du travail qui impose le renouvellement annuel des avis médicaux d’habilitation. Depuis l’introduction des stages à la fin des années 1970, les temps de présence des jeunes en entreprise ont été augmentés sous prétexte d’améliorer l’orientation et l’insertion professionnelle, imposant ainsi le dogme de l’entreprise formatrice. Ces dernières années marquent une accélération : stage d’observation pour les élèves de seconde générale et technologique, aides financières massives pour accompagner le développement à marche forcée de l’apprentissage, mise en place du parcours différencié en Terminale bac pro. La détérioration des conditions de travail, son intensification permanente ainsi que le manque de formation et d’accompagnement des tuteurs et tutrices en entreprises rendent le modèle de l’entreprise apprenante inopérante notamment pour les plus jeunes. Les retours de terrain et les études d’universitaires le démontrent : l’entreprise n’est pas un lieu émancipateur et sécurisé. Trop souvent, rien n’est mis en place pour assurer leur formation, leur accompagnement ni l’encadrement nécessaire. Les apprenti·es et les stagiaires sont surexposé·es aux produits CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques). Les activités confiées, comme le nettoyage de zones empoussiérées en menuiserie, les colorations en coiffure ou le dégraissage de pièces en mécanique, sont très souvent à risques.Ce renforcement de la place de l’entreprise dans la formation est d’autant plus problématique que, pour l’accès aux stages, les jeunes subissent les mêmes discriminations que pour l’accès au travail : milieu social, origine, lieu d’habitation, genre… Les jeunes en situation de handicap subissent souvent une double discrimination. Sur les lieux d’accueil, les jeunes se confrontent aussi aux discriminations, aux violences et aux inégalités dans les tâches qui leurs sont confiées.   En lien de subordination, les jeunes sont aussi tout particulièrement vulnérables aux violences sexuelles et sexistes au travail. Ces mineur·es sont propulsé·es dans l’entreprise – un monde d’adultes et hiérarchique – et souvent n’osent pas parler par crainte de perdre leur stage ou apprentissage et de compromettre l’obtention du diplôme préparé. L’entreprise participe également à la reproduction des stéréotypes de genre par le développement  de cultures d’entreprises qui maintiennent une vision ségréguée des métiers. Si le ministre du travail entend, comme il le prétend, faire une priorité personnelle de la prévention des risques qui menacent les jeunes au travail, il doit prendre des mesures d’urgence, en collaboration étroite avec les ministères de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de la Mer. Dans l’immédiat, nous exigeons la suppression du stage d’observation pour les élèves de troisième et de seconde générale et technologique, qui creusent les inégalités socio-économiques que subissent les élèves, sont trop peu préparés et s’opposent, en l’état, aux principes d’émancipation qui doivent guider les politiques éducatives. Par ailleurs, nous demandons le rétablissement de l’autorisation préalable par l’inspection du travail pour l’emploi de mineur·es à des travaux dangereux, supprimée en 2015. Les procédures de l’inspection du travail de retrait des apprenti·es et des stagiaires et d’opposition à l’engagement d’apprenti·es en cas de situation dangereuse constatée doivent être élargies et simplifiées. Il faut enfin garantir le droit de retrait pour les jeunes. L’État doit réellement exercer un rôle de contrôle de la qualité des formations dispensées par les organismes de formation notamment lorsque celles-ci forment des jeunes mineur·es par des actions de formation en entreprise. Les ministères de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de la Mer doivent développer la prévention, notamment, avant toute présence en entreprise, avec la délivrance d’une formation systématique aux premiers secours, ainsi que d’enseignements sur le droit du travail, sur les risques professionnels, sur la prévention des violences sexuelles et sexistes au travail.